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Jeux vidéo solo, multi : genèse d’une industrie

Aux origines

Au début de l’industrie des jeux vidéo, les premiers créateurs étaient un peu comme des « Géo Trouvetou » dans leur garage ou dans leur cuisine. Avec quelques notions de programmation et un peu d’ingéniosité, il fallait alors se battre avec les limites des technologies d’affichage et d’animations. Avantages ? Le territoire était vierge et tout était possible. Aucun thème n’était encore exploré ou presque. Pacman, Space invaders, Donkey Kong, ultima, Prince of Persia ; tant de titres résonnent encore comme de vieilles légendes avec, à la base, de la créativité pure jus sortie d’esprits fertiles et inventifs.

Depuis l’invention des premiers jeux vidéo et jusque dans les années 80-90, l’histoire des jeux vidéos a été pavée de noms de génies qui n’ont, d’ailleurs, pas toujours tiré les marrons du feu pour leurs créations. À cette époque, un seul patronyme pouvait se cacher derrière un titre, celui de l’individu seul qui avait fait le titre. Cela arrive encore quelques rares fois de nos jours mais, le plus souvent, quand on prononce des noms comme celui de Peter Molyneux ou de Sid Meier par exemple, on pense direction de création et coordination, avec des équipes de plusieurs dizaines de personnes à la réalisation.

Jouer à la maison

Durant cette période de gestation des 80’s, le marché du jeu vidéo s’ouvrait pourtant. Les distributeurs le savaient, l’intérêt des joueurs était déjà là, à l’affût. Rapidement, des premières sociétés se sont formées qui ont commencé à produire régulièrement des titres. Et pendant que l’on jouait encore dans les salles sur des bornes d’arcades, les consoles domestiques et les premiers jeux ordinateurs faisaient leurs premiers pas dans les salons et les maisons.

Amiga, Commodore, Atari, ces grands noms font encore rêver les générations qui ont connu cette époque. Le temps était alors beaucoup aux jeux qui se jouaient en solo. On affrontait la machine durant de longues heures dans la tranquillité du chez soi. Finie l’ambiance des salles de jeux et les pièces de monnaie qui vous filaient entre les doigts après chaque Game over et toutes les 3 vies. On achetait le titre, une bonne fois pour toutes, et il était à soi. Cartouches mémoire ou séries de disquettes jalousement gardées dans leur beau packaging coloré. On leur dédiait des étagères mais le mieux, on disposait d’autant d’heures de divertissement qu’on le voulait avec ces nouveaux jeux domestiques.

L’explosion des genres

On commencerait d’ailleurs à découvrir rapidement les différences de durée de vie entre les titres, les notions de profondeur, d’immersion, etc… Car au titre des grandes nouveautés, cette nouvelle façon de jouer ouvrait aussi de nouvelles perspectives aux éditeurs. Plus question de se limiter aux seuls jeux d’arcade que l’on consomme à la va-vite dans une salle et qui ne durent que le temps d’une pièce. On en proposerait encore, bien sûr, et pour longtemps, il ferait la joie des joueurs de console notamment, mais on irait aussi chercher d’autres thèmes et avec eux d’autres cibles : jeux d’aventure, de sport, simulation, course, jeux de rôle et ou d’action, jeux d’énigme, de réflexe, de réflexion, de gestion, de stratégie, plus tard encore avec l’arrivée des premiers moteurs 3D, viendraient les jeux à la première personne combinés avec le tir, les First Person Shooter (FPS). Doom, Duke Nukem, etc… Explosion des genres, explosion des titres. C’est tout un monde de divertissements qui s’ouvrait. Une foule de petites révolutions et de petites innovations technologiques d’un titre à l’autre, en talonnant l’évolution des technologies de compression, d’animations, mais aussi celles des composants : processeur, mémoire vive, carte graphique : le trio gagnant du Gamer. Avec le temps viendrait s’ajouter le Cooler. Electronique en surchauffe.

Le temps de controverses

Et avec l’ère de ces nouveaux loisirs numériques et interactifs, viendrait celle aussi des grands débats publics : le jeu vidéo est-il dangereux pour la santé ? Rend-il violent ou rend-il c… ? Faut-il en contrôler les abus ? Ne peut-on faire une mini console de jeu qui s’arrête toute seule après une certaine heure pour ne pas avoir nous-même, à en interdire l’usage à nos enfants ? « Horreur, on a trouvé un copie de Call of Duty dans la médiathèque du tueur !!! » « Oui, mais, attendez les dés sont faussés, il avait aussi la télé ! » J’exagère à peine… La société tremble d’y perdre sa productivité et son latin. Quelques années plus tard, viendront les smartphones et les réseaux sociaux. Bonne idée, parlons d’addiction. Les jeux vidéos inquiéteront largement moins les esprits, et pour cause. Ils seront aussi totalement entrés dans les mœurs et presque toutes les générations depuis les années 80 s’y seront essayées au moins une fois.

Jeux en réseaux & arrivée du net

Durant cette genèse, sur les consoles et sur les PCs, en plus des jeux solos venaient aussi certains jeux à deux, en écran partagés. Pas top sur du 14 pouces PC, mieux à la console, sur une grande télé. Bientôt viendrait le temps des premiers réseaux locaux. À chacun son écran, Age of Empires à 4 joueurs et 4 ordinateurs. Un Grand Prix ou une course de voitures effrénée , à chacun son PC. « Now, we are talking ! »

Fièvre au cybercafé ou granges prises d’assaut ! Les fermes et les sessions de réseaux endiablés allaient bientôt faire leur apparition. Elle accueilleraient des centaines de joueurs passionnés, le temps d’un week-end. Internet et les mondes persistants ne seraient déjà plus très loin. Il faudrait encore attendre que les vitesses de connexion et le matériel soient à la hauteur pour que le vaisseau décolle. Juste un peu de patience. Bientôt viendront Warcraft, Everquest. Qui sera un elfe ? Qui un troll ? Le milieu des 90’s est là. Le temps a passé. L’ADSL et le câble commenceront bientôt à faire leur entrée à petits pas. Les Ataris et Amigas seront au musée depuis longtemps déjà.

Mais alors l’actu ?

Mais aujourd’hui alors, quoi de neuf ? Les techno ont continué leur marche en avant, comme si elles allaient se gêner ! Les rayons de jeux vidéos de la Fnac et des grandes surfaces se sont vidés. Micromania bat de l’aile. Tu veux des jeux ? C’est du virtuel ! Un coup de Steam, un coup de CB, l’install’ c’est plug and play. Les bonnes vieilles boites des étagères se sont, presque toute, dématérialisées.

On trouve toujours de bon solos, même si désormais de plus en plus de jeux ont plus ou moins leur couche réseau. Quelquefois c’est comme une excuse pour bâcler les mode solos. Mais des millions de joueurs attendent encore le nouveau skyrim. Il y a une vraie clientèle pour ça. Il faut dire que quelque soit le jeu, souvent sur les serveurs en ligne, la gestion tourne à la baston, et le moindre jeu de survie au FPS sans merci. Pendant tout ce temps, l’industrie continue d’engranger des millions chaque année. Le jeux vidéo est installé pour longtemps. Il fait désormais partie de nos sociétés. Plus rien ne pourra le déloger.

Dans leur coin, les Gamers de la première heure continuent d’espérer qu’il échappera à la loi de nombre, aux recettes commerciales à succès et que ses acteurs continueront d’innover. Être surpris comme un gosse à la Noël devant un nouveau titre ou comme un critique gastronomique devant une ratatouille, c’est un peu de cela qu’ils attendent parce que, quoiqu’on en dise, le jeu vidéo, c’est toujours de l’enfance et de l’émotion.